Qu’est-ce que l’hypermétropie ?
En France, on considère que 10 à 15 % de la population est hypermétrope. Ce pourcentage est sans doute sous-évalué, car ce type de trouble visuel peut être longtemps compensé sans traitement et rester longtemps ignoré.
Un hypermétrope voit mal de près : la vision est floue, les contours des objets semblent mal définis et les yeux fatiguent en raison des efforts d’accommodation constants. Cette fatigue visuelle cause des larmoiements et une fluctuation gênante de la vision au cours de la journée. Elle s’accompagne parfois de maux de tête.
Au fil du temps, l’hypermétropie peut aussi finir par affecter la vision de loin, en particulier quand elle est due à une anomalie du cristallin.
Quelles sont les causes de l’hypermétropie ?
Quand la cornée a une forme normale (approximativement celle d’un ballon de football), les faisceaux lumineux se focalisent sur la surface de la rétine, en un seul point. D’où la formation d’une image nette, aux contours bien dessinés.
Ce défaut de courbure est naturellement présent à la naissance en raison de la taille réduite du globe oculaire. Avec les années et au fil de la croissance de l’œil, le défaut visuel disparaît le plus souvent.
Cependant, chez certaines personnes, il persiste à l’âge adulte, souvent de façon assez discrète et insidieuse. En effet, le patient ne ressent pas forcément le besoin de consulterpuisqu’il arrive à compenser son trouble visuel, souvent de façon inconsciente.
Comment l’hypermétropie est-elle diagnostiquée ?
L’hypermétropie peut rester insoupçonnée pendant de longues années car le sujet hypermétrope a tendance à compenser la vision floue en redoublant d’efforts d’accommodation. Il n’est donc pas rare qu’elle ne soit diagnostiquée qu’à la trentaine passée, voire encore plus tard.
C’est parfois lorsque la presbytie fait son apparition que l’hypermétropie devient impossible à compenser sans traitement : en effet, la presbytie, qui se manifeste à partir de la quarantaine, affecte, elle aussi, la vision de près. Elle oblige encore plus le cristallin à accommoder constamment. Or, passé la trentaine, ce pouvoir accommodatif diminue.
- Faible si elle est comprise entre + 0,25 et + 2 dioptries
- Moyenne entre +2 et +6 dioptries
- Forte quand elle excède + 6 dioptries
Comment l’hypermétropie évolue-t-elle ?
Il n’y a pas à proprement parler de risque d’évolution péjorative de l’hypermétropie. Cependant, du fait de l’œil court, elle peut favoriser la survenue d’un glaucome aigu par fermeture de l’angle. Il s’agit d’une pathologie qui réduit l’angle formé par la cornée et l’iris, parfois jusqu’à la fermeture complète. L’évacuation des liquides étant gênée, cela peut provoquer un glaucome, avec élévation de la tension oculaire.
Si l’hypermétropie ne disparaît pas sans traitement, elle peut en revanche se stabiliser avec l’âge. Mais souvent, elle a tendance à devenir de plus en plus gênante puisque la presbytie s’y ajoute. Les efforts d’accommodation du cristallin deviennent alors insuffisants pour obtenir une image nette.
Quels sont les traitements de l’hypermétropie ?
Absence de traitement
L’absence de tout traitement peut être :
- Involontaire : le patient ignore qu’il est hypermétrope puisqu’il compense inconsciemment son défaut visuel par des efforts d’accommodation.
- Volontaire: le patient souhaite éviter le port de lunettes et compte sur le pouvoir accommodatif de son cristallin pour corriger la gêne.
Dans tous les cas, ce n’est pas une solution pérenne et souhaitable car l’inconfort va aller en s’aggravant au fil du temps.
Le port de lunettes ou de lentilles de contact
C’est la solution la plus courante pour remédier à l’hypermétropie. Les verres prescrits sont convexes, dits convergents. Ils ont la particularité d’être beaucoup plus épais au centre que sur les côtés. Cet aspect bombé permet de rediriger correctement les faisceaux lumineux en un point unique de la rétine.
L’inconvénient principal de ces verres est l’effet loupe qu’ils produisent, notamment quand la correction est forte. Les yeux paraissent plus gros, et toutes les montures ne sont pas adaptées à un verre épais, ce qui réduit les choix de la personne hypermétrope.
Quant aux lentilles cornéennes, elles sont plus discrètes mais imposent un entretien minutieux pour ne pas risquer une irritation de l’œil ou une infection. La sécheresse oculaire chronique est une contre-indication.
L’opération de l’hypermétropie au laser à Paris
Plusieurs types de traitements chirurgicaux sont possibles.
- La pose d’implant phaquequand le trouble visuel est dû à un défaut de courbure du cristallin : elle consiste à insérer une lentille devant le cristallin pour remédier à ce défaut. L’implant assure alors la même correction qu’un verre de lunettes. Mais c’est une intervention délicate. Il faudra réaliser un laser au niveau de l’iris avant la chirurgie, cela s’appelle : l’iridotomie périphérique.
- La chirurgie au laser quand le défaut est dû à une cornée trop plate : grâce au Lasik, l’ophtalmologiste va resculpter la cornée, afin de lui rendre sa courbure normale et ainsi permettre aux faisceaux lumineux de converger correctement sur la rétine. C’est une intervention bien rôdée, réalisée en ambulatoire sur la journée. Elle peut être associée à une correction de la presbytie si nécessaire, avec cette fois usage du Presbylasik.
- Le Prelex: cette technique corrige à la fois la presbytie et l’hypermétropie en un seul geste opératoire. La presbytie étant due à une perte du pouvoir d’accommodation du cristallin, il s’agit cette fois de le remplacer intégralement, tout en corrigeant par ailleurs l’hypermétropie.
